Michael Varcoe-Cocks était un véritable expert professionnel. Du fait de son travail, il était extrêmement méticuleux et avait l’œil affuté. Il adorait son travail à la National Gallery of Victoria de Melbourne et son lieu de travail était un peu comme sa deuxième maison. Il avait parcouru les couloirs du musée des centaines de fois et connaissait dès lors les lieux par cœur. Par conséquent, les tableaux qui y étaient exposés lui étaient tous familiers… ou presque. Car un de ces tableaux, qui avait pourtant été sous ses yeux tout ce temps-là, lui avait révélé son secret par le plus grand des hasards. Michael n’avait pas pu se douter que pendant tout ce temps, un véritable trésor s’était caché là, sans qu’il n’en ait conscience. Mais il avait besoin de preuves pour appuyer ses dires, preuves sans lesquelles personne ne pourrait le croire.

Un Homme Repère Une Silhouette Sur Une Peinture Et Regarde De Plus Près Pour Découvrir…
Il était au musée comme à la maison
Michael Varcoe-Cocks travaillait à la National Gallery of Victoria de Melbourne depuis quelques temps déjà. Il faisait partie de ces personnes qui sont de véritables passionnées et aiment leur travail. Aussi, il se sentait parfaitement dans son élément et on peut même dire que le musée était comme une deuxième maison, pour le plus grand bonheur de la femme de Michael également qui sentait que son mari était véritablement épanoui.

Il était au musée comme à la maison
Michael était un amoureux des arts
Michael était un expert professionnel en art, spécialisé sur les œuvres de la seconde moitié du 19ème siècle. Sa tâche principale consistait à évaluer les pièces qui arrivaient à la National Gallery of Victoria de Melbourne. Il était considéré comme l’un des experts les plus talentueux dans son domaine. Il avait toujours aimé l’art, depuis son plus jeune âge, et son travail était une véritable source d’épanouissement personnel. Nul doute donc que Michael connaissait par cœur les peintures exposées au sein de la galerie. Mais lorsque la pandémie de Coronavirus a frappé le monde entier et que l’activité mondiale a été mise à l’arrêt, quelque chose s’est produit pour Michael dont il n’aurait pas pu se douter.

Michael était un amoureux des arts
Marcher dans la pénombre
Lors du confinement lié au Covid-19 et comme pour tous les lieux accueillant le public, la National Gallery of Victoria de Melbourne a été fermée pendant plusieurs semaines, voire des mois. Dans ces conditions, l’activité était à l’arrêt et tout ce que Michael pouvait faire était de marcher seul dans les couloirs vides de visiteurs, s’assurant au fil des jours que les œuvres d’art étaient bien en sécurité. C’était une sensation étrange pour lui. Il connaissait si bien les tableaux, mais dans l’obscurité, les œuvres avaient l’air si différentes !

Marcher dans la pénombre
Un chef-d’œuvre national
Parmi tous les tableaux exposés à la National Gallery of Victoria se trouvait un véritable chef-d’œuvre national : une œuvre intitulée Le Pionnier, de l’artiste australien Frederick McCubbin. La peinture à l’huile sur trois panneaux de 1904 était un chef-d’œuvre impressionniste, et Michael était à chaque fois émerveillé en passant devant. Il avait admiré la beauté de ce tableau à de nombreuses reprises auparavant, mais n’avait jamais eu l’occasion de voir l’œuvre sous le contraste étrange créé par la lumière de sa lampe de poche. Et cette fois-là, sous cette lumière si particulière, il remarqua une texture étrange juste au milieu du panneau central.

Un chef-d’œuvre national
Le passage du temps
L’œuvre telle qu’elle était exposée dans le musée était composée d’un triptyque. Sur le panneau central, les coups de pinceau aux tonalités vertes et brunes, lacées de violet délavé, dépeignaient une scène de la vie de tous les jours : un mari, sa femme et leur enfant en bas âge à l’extérieur. Mais quelque chose avait échappé à Michael pendant tout ce temps, qui n’avait été révélé que du fait de la lumière spécifique de sa lampe de poche. Sous cette lumière, il pouvait clairement voir que les lignes cachées sous les coups de pinceau ne correspondaient pas au sujet du panneau. Et encore plus étrange, les deux autres tableaux du triptyque n’avaient pas les mêmes incohérences. Michael était un expert dans son domaine. Il savait donc parfaitement bien quelle était la marche à suivre dans ce cas.

Le passage du temps
Étudier le tableau plus en profondeur
Michael était un véritable spécialiste. Pas un amateur. Il savait donc ce qu’il devait faire pour comprendre d’où venait l’incohérence du tableau. Il s’est donc immédiatement rendu aux archives de la galerie – un endroit réservé à une partie du personnel et pour lequel il bénéficiait d’un accès spécial en raison de son rôle d’expert pour la galerie. On pouvait trouver aux archives de la galerie des analyses aux rayons X de toutes les œuvres qui étaient exposées au public dans les différentes salles. Une fois arrivé, Michael a rapidement parcouru les fichiers. Son cœur battait à cent à l’heure, car il sentait au fond de lui qu’il venait de faire une découverte importante.

Étudier le tableau plus en profondeur
Des preuves obtenues grâce aux analyses par rayons X
L’analyse de l’œuvre de Frederick McCubbin aux rayons X avait révélé une étrange série de lignes, qu’il n’avait jamais remarquées auparavant. Il passa ses doigts sur la radiographie du tryptique, essayant de comprendre ce que ces traits signifiaient. Quelque chose lui était familier, comme s’il avait déjà vu ces traits quelque part, mais sa mémoire le narguait et il lui était impossible à cet instant précis de se remémorer quoi que ce soit. Où avait-il bien pu déjà voir ces traits ? Il s’empara soudain d’un exemplaire de l’album de l’auteur, Frederick McCubbin. Il sentait qu’il était proche de trouver une réponse…

Des preuves obtenues grâce aux analyses par rayons X
Quelque chose lui semblait familier
Michael savait qu’il avait déjà vu ces traits quelque part ! Sa mémoire ne lui avait pas fait défaut ! Dans le cadre du triptyque, il avait été découvert, et documenté, que le troisième panneau avait une particularité bien à lui ; en effet, Frederick McCubbin avait repeint une illustration de Melbourne sur l’esquisse d’un paysage urbain lointain, afin que le tableau soit plus facile à vendre. Mais rien n’avait été documenté au sujet du second panneau qui cachait pourtant lui aussi un secret, qui n’attendait que d’être révélé. Michael Varcoe-Cocks passa à la page suivante de l’album … et voilà ce qu’il y découvrit.

Quelque chose lui semblait familier
Une peinture réputée perdue
Dans l’album de l’auteur, Frederick McCubbin, avait été répertoriée une peinture appelée « Found » – la représentation déchirante d’un homme des bois trouvant une fille perdue dans la forêt. Bien que mentionnée dans l’album, il se disait que l’oeuvre avait était perdue depuis plus d’un siècle. En voyant les contours de la peinture « Found », Michael ne put s’empêcher de constater qu’ils correspondaient exactement à l’esquisse présente sous les coups de pinceaux du deuxième panneau du triptyque. Le tableau réputé perdu ne l’avait donc jamais été : tout ce temps, il avait été exposé dans la National Gallery of Victoria ! Mais comment se faisait-il qu’il ait été recouvert sous les coups de pinceaux d’un autre tableau ?

Une peinture réputée perdue
L’artiste avait réutilisé sa toile
Ce n’était pas une pratique rare pour les artistes de réutiliser les toiles pour peindre de nouveaux tableaux. Cependant, à l’époque de Frederick McCubbin, c’était une chose bien plus fréquente qu’aujourd’hui puisque les toiles coutaient bien plus cher. De ce fait, les artistes ne pouvaient pas toujours se permettre d’en acheter de nouvelles pour chaque nouvelle peinture qu’ils devaient produire. Même Picasso recyclait ses toiles ! Quoi qu’il en soit, Michael n’en croyait pas ses yeux.

L’artiste avait réutilisé sa toile
Il fallait le faire savoir
Il s’agissait là d’un véritable concours de circonstances ! Après tout, s’il n’y avait pas eu de pandémie mondiale, il ne se serait pas retrouvé seul à errer dans les couloirs de la National Gallery of Victoria, éclairé de sa seule lampe de poche ! Sans oublier le fait qu’il se soit arrêté juste devant le triptyque en positionnant sa lampe de poche à angle droit, dévoilant alors les secrets du panneau central. Suite à son expertise en salle des archives, Michael s’est empressé d’imprimer une superposition numérique des deux œuvres et d’envoyer un e-mail récapitulatif à tous ceux qui, de son point de vue, devaient prendre connaissance des faits. La découverte a fait l’effet d’une bombe dans l’industrie.

Il fallait le faire savoir
Cette découverte avait eu du bon
L’industrie de l’art avait été totalement bouleversée par la découverte de Michael une fois que celle-ci fut corroborée. Et évidemment, cette nouvelle arriva rapidement aux oreilles du public qui se précipita pour découvrir ou redécouvrir l’œuvre de Frederick McCubbin. Le triptyque recevait un nouvel intérêt de la part du public, ce qui ne pouvait que ravir Michael qui voyait dans les yeux des visiteurs la même excitation que la sienne lorsqu’il découvrait des choses incroyables. Cependant, il y avait également une ombre au tableau…

Cette découverte avait eu du bon
Il restait quand même une ombre au tableau
Malgré le fait que la découverte récente relative à l’œuvre de Frederick McCubbin avait réveillé l’intérêt du public, les professionnels de l’industrie de l’art ne pouvaient pas se réjouir pleinement. Quelle en était la raison ? Malheureusement, il n’y avait aucun moyen de faire en sorte de récupérer le chef-d’œuvre caché de l’artiste sans détruire celui qui avait été peint au-dessus et qui faisait désormais partie du triptyque. C’était un problème qui ne trouvait aucune solution. En effet, Frederick McCubbin était connu pour superposer des teintes de peinture à l’huile les unes au-dessus des autres, jusqu’à ce qu’il obtienne le rendu qu’il voulait. Impossible donc de faire machine arrière. La seule chose qui restait de l’ancienne œuvre était le contour du dessin, ainsi que la représentation du tableau dans l’album de ses œuvres.

Il restait quand même une ombre au tableau
Il n’aurait pas imaginé pouvoir encore plus aimer son travail
Le quotidien d’un expert en art est forcément rempli de découvertes excitantes. C’est le fondement même de cette profession. Michael Varcoe-Cocks n’aurait jamais imaginé que la pandémie mondiale de Covid-19 lui apporterait également son lot de surprises ! Il était conscient d’avoir été chanceux de se trouver à l’endroit où il se trouvait au moment de la découverte, avec le bon éclairage lui ayant permis de voir ce que personne – pas même lui – n’avait remarqué jusque-là sur le triptyque. Il aimait encore plus son travail d’expert aujourd’hui, et appréciait d’autant plus de passer chaque jour devant l’œuvre de Frederick McCubbin à la National Gallery of Victoria de Melbourne.

Il n’aurait pas imaginé pouvoir encore plus aimer son travail